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Peau et périménopause : ce que vous ne pouvez pas corriger de l'extérieur sans construire de l'intérieur

  • Dr Sylvie Staner
  • il y a 2 jours
  • 7 min de lecture

Dre Sylvie Staner — médecin et pharmacienne spécialisée en médecine esthétique régénérative à Lausanne


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Il y a des conférences qui confirment ce que vous pensez. Et d'autres qui vous donnent envie d'écrire. Celle de Virginie Séchaud, nutritionniste, dans le cadre du programme Queenager, était de la deuxième catégorie. Non pas parce qu'elle m'a appris à faire de la nutrition — ce n'est pas mon rôle, et je ne le revendiquerai jamais — mais parce qu'elle a mis des mots précis sur quelque chose que j'observe chaque jour en consultation : la peau de la femme en périménopause ne se traite pas uniquement de l'extérieur. Ce qu'elle reçoit de l'intérieur conditionne ce que n'importe quel traitement esthétique peut accomplir.


Je vais vous parler ici de micronutriments non pas comme nutritionniste, mais comme médecin-pharmacienne. Ces deux formations ensemble me donnent quelque chose de rare : une lecture pharmacocinétique des molécules que nous absorbons. Comment elles sont métabolisées, dans quelle forme elles atteignent réellement leurs cellules cibles, pourquoi certaines associations sont indispensables et d'autres inutiles. C'est cet angle-là que je veux partager avec vous — en vous renvoyant vers Virginie Séchaud pour tout ce qui relève d'un accompagnement nutritionnel personnalisé.


Ce qui se passe dans la peau en périménopause


En périménopause et à la ménopause, la chute progressive des œstrogènes entraîne des modifications structurelles profondes du derme. Les fibroblastes, ces cellules qui fabriquent le collagène, l'élastine et l'acide hyaluronique, ralentissent leur activité. La matrice extracellulaire se désorganise. Et surtout, une inflammation chronique de très bas grade s'installe silencieusement dans les tissus. Les chercheurs appellent ce phénomène l'inflammaging. Ce n'est pas de la vieillesse au sens populaire du terme. C'est une dérégulation biologique mesurable, progressive, qui répond à des signaux hormonaux, environnementaux et nutritionnels. La peau qui change après 45 ans, c'est une biologie qui ralentit et qui s'enflamme doucement. Et c'est précisément là que certains micronutriments ont quelque chose à dire.


Les oméga-3 DHA : l'anti-inflammatoire membranaire


Le DHA, acide gras polyinsaturé de la famille oméga-3, est incorporé dans la membrane de chaque kératinocyte et de chaque fibroblaste dermique. Ce n'est pas un détail. La fluidité et la réactivité de la membrane cellulaire dépendent directement de sa composition en acides gras. Un déficit en DHA rigidifie ces membranes, diminue la réponse anti-inflammatoire locale et fragilise la fonction barrière. En pharmacologie, on sait que le DHA module les voies NF-κB et les cyclooxygénases, deux acteurs centraux de l'inflammaging.


Les études cliniques les plus solides montrent une amélioration mesurable de l'hydratation cutanée et une réduction de l'érythème chez les femmes supplémentées correctement. La question n'est pas "faut-il prendre des oméga-3", mais "sous quelle forme et à quelle dose sont-ils réellement efficaces" — et c'est là que la pharmacocinétique entre en jeu.


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Oméga-3, curcuma, poivre noir, noix, amandes — les micronutriments clés de la biologie cutanée en périménopause

Vitamine D3 et K2 : un duo que l'on ne peut pas dissocier


La vitamine D3 agit sur la peau bien au-delà de son rôle phosphocalcique classique. Elle régule la différenciation des kératinocytes, module l'immunité cutanée locale, et participe à la production de peptides antimicrobiens dermiques.. En Suisse, une insuffisance en vitamine D est extrêmement répandue, particulièrement dans nos latitudes.


Ce que je tiens à préciser ici en tant que pharmacienne : une supplémentation en vitamine D3 à doses significatives sans vitamine K2 sous forme MK-7 est pharmacologiquement incomplète. La K2 est ce qui oriente le calcium mobilisé vers les os et les dents, et empêche sa déposition dans les tissus vasculaires et mous. Ce n'est pas une recommandation nutritionnelle. C'est une précaution métabolique élémentaire que tout professionnel de santé prescrivant de la vitamine D3 devrait intégrer.


Magnésium : la forme fait toute la différence


C'est l'exemple parfait de ce que la pharmacocinétique change concrètement. Toutes les formes de magnésium n'arrivent pas au même endroit, ni avec la même efficacité. Le magnésium bisglycinate, forme chélatée avec l'acide aminé glycine, présente une absorption intestinale très supérieure aux formes oxyde ou carbonate, avec une tolérance digestive nettement meilleure.


Le magnésium L-thréonate est la seule forme qui traverse significativement la barrière hémato-encéphalique et qui cible spécifiquement la qualité du sommeil et la régulation du stress. Or le sommeil réparateur est un déterminant majeur de la régénération cutanée nocturne: c'est pendant les phases de sommeil profond que l'hormone de croissance stimule la prolifération fibroblastique et la synthèse de collagène. Ce que vous voyez sur la peau d'une femme qui dort mal depuis des mois, ce n'est pas de la fatigue. C'est de la biologie.


Ashwagandha : normaliser le cortisol pour protéger le collagène


Le cortisol chroniquement élevé est un ennemi biologique direct du collagène. Il active les métalloprotéinases matricielles, notamment MMP-1 et MMP-3, qui dégradent les fibres collagènes, et il inhibe simultanément leur synthèse par les fibroblastes. L'ashwagandha — Withania somnifera — est la plante adaptogène pour laquelle existent aujourd'hui les données cliniques les plus robustes en termes de réduction du cortisol salivaire et des marqueurs biologiques du stress. Sa prise en soirée accompagne la restauration du rythme circadien normal du cortisol, qui doit naturellement baisser en fin de journée. En médecine esthétique régénérative, un axe cortisol normalisé est un prérequis souvent invisible mais déterminant pour l'efficacité de tous les biostimulateurs.



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Quand le cortisol baisse, le collagène respire.

Collagène VERISOL : des peptides bioactifs, pas du collagène en poudre


Cette distinction mérite d'être faite clairement. Ce que l'on ingère n'est jamais du collagène natif : les enzymes digestives ne le laisseraient pas passer intact. VERISOL est une forme de peptides de collagène hydrolysé de très faible poids moléculaire, di- et tripeptides, absorbés intacts au niveau intestinal et capables d'exercer un effet signal direct sur les fibroblastes dermiques. Plusieurs essais cliniques publiés en double aveugle contre placebo ont montré une augmentation mesurable de la densité en procollagène de type I et une amélioration de l'élasticité cutanée après huit semaines de supplémentation.


Ce n'est pas de la cosmétique avalée. C'est une stimulation de la néocollagénèse par voie nutritionnelle, dont le mécanisme est pharmacologiquement cohérent avec ce que j'obtiens par voie injectable avec les biostimulateurs. que je pratique en consultation.



Onagre et bourrache : les acides gras de la barrière cutanée


L'huile d'onagre et l'huile de bourrache sont deux sources concentrées d'acide gamma-linolénique, le GLA. Cet acide gras est le précurseur de la prostaglandine E1, molécule clé dans la régulation de l'inflammation locale et le maintien de la fonction barrière épidermique. Après 45 ans, la sécheresse cutanée qui s'installe n'est pas uniquement liée à une diminution de la production de sébum. La perméabilité de la barrière cornée augmente, et les pertes en eau transépidermiques s'accélèrent. Le GLA contribue à restaurer cette intégrité. En termes de concentration, l'huile de bourrache contient proportionnellement plus de GLA que l'huile d'onagre, ce qui peut justifier de les combiner ou de privilégier l'une selon le tableau clinique.


Vitamine E : l'antioxydant de la membrane lipidique


La vitamine E, tocophérol, est l'antioxydant liposoluble des membranes cellulaires. Elle protège les acides gras polyinsaturés contre la peroxydation lipidique générée par les radicaux libres. Les amandes et les noix en sont les meilleures sources alimentaires concentrées. En biologie cellulaire, vitamine E et vitamine C forment un système antioxydant couplé : la vitamine C régénère la vitamine E oxydée, permettant à cette dernière de continuer à protéger les membranes lipidiques. Une carence subclinique en vitamine E, fréquente chez les femmes qui ont suivi des régimes pauvres en lipides pendant des années, se traduit par une fragilité cutanée accrue et une réponse inflammatoire exagérée aux agressions extérieures.


Quercétine : agir sur les cellules sénescentes


La quercétine est un flavonoïde présent dans les oignons, les câpres et les pommes. Ce qui rend cette molécule particulièrement intéressante dans le vieillissement cutané, c'est son activité sénolytique : elle favorise l'élimination des cellules sénescentes dermiques. Ces cellules, au lieu de mourir normalement par apoptose, s'accumulent dans le derme et sécrètent ce que les chercheurs appellent le SASP, Senescence-Associated Secretory Phenotype, un ensemble de cytokines pro-inflammatoires qui alimentent directement l'inflammaging local . Sa biodisponibilité orale est limitée mais améliorée significativement par l'association avec la pipérine du poivre noir.


Curcumine et pipérine : l'exemple le plus éloquent de pharmacocinétique appliquée


La curcumine, principe actif du curcuma, inhibe la voie NF-κB, réduit la production de cytokines pro-inflammatoires — interleukine-6, TNF-alpha — et exerce un effet protecteur sur l'ADN mitochondrial des cellules dermiques. C'est l'un des modulateurs de l'inflammaging les mieux documentés en biologie cellulaire. Son problème est sa biodisponibilité quasi nulle lorsqu'elle est ingérée seule. La pipérine du poivre noir inhibe le cytochrome P450 hépatique responsable de sa dégradation en premier passage intestinal. Sans pipérine, la curcumine est détruite avant d'atteindre la circulation systémique. C'est un exemple parfait de ce que ma formation de pharmacienne m'amène à regarder différemment : l'association n'est pas un choix marketing. C'est une condition pharmacocinétique à l'efficacité.


Créatine : l'énergie cellulaire comme fondation


La créatine est connue pour ses effets sur la masse musculaire, mais sa pertinence en biologie cutanée tient à un mécanisme fondamental : les fibroblastes dermiques ont besoin d'énergie sous forme d'ATP pour synthétiser du collagène. La créatine reconstitue les réserves de phosphocréatine intracellulaire et améliore la capacité énergétique de ces cellules. Des données in vitro montrent par ailleurs un effet protecteur des fibroblastes contre le stress oxydatif UV-induit. En période de transition hormonale, où la synthèse musculaire et la densité cutanée diminuent conjointement, la créatine adresse les deux dimensions simultanément.


Ce que tout cela change en consultation



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L'injection n'est que la moitié du traitement. L'autre moitié se construit de l'intérieur.

Je ne prescris pas de protocoles nutritionnels. Ce n'est pas mon rôle, et Virginie Séchaud le fait avec une précision et une expertise que je n'ai pas. Mais ma formation de médecin-pharmacienne me conduit à regarder chaque patiente comme un terrain biologique, pas comme une liste de rides à corriger.


Quand je mets en place un traitement biostimulateur, un protocole PRP, des polynucléotides ou une séance de microneedling Dermapen Pro 4, je sais que l'efficacité de ce traitement dépend en partie du terrain biologique sur lequel il travaille.


Une patiente dont l'axe cortisol est dérèglé, dont la barrière cutanée est compromise et dont les fibroblastes manquent de substrat énergétique ne répondra pas de la même façon qu'une patiente dont la biologie est soutenue.

Ce n'est pas une conviction. C'est de la pharmacologie cellulaire appliquée.


Et c'est exactement pour cela que j'encourage mes patientes à consulter des professionnels comme Virginie Séchaud, parce que la peau est un organe, et qu'un organe se traite de l'intérieur autant que de l'extérieur.


Références scientifiques

Franceschi C. et al. "Inflammaging: a new immune-metabolic viewpoint for age-related diseases." Nature Reviews Endocrinology, 2018.


Calder PC. "Marine omega-3 fatty acids and inflammatory processes: effects, mechanisms and clinical relevance." Biochimica et Biophysica Acta, 2015.


Abbasi B. et al. "The effect of magnesium supplementation on primary insomnia in elderly: a double-blind placebo-controlled clinical trial." Journal of Research in Medical Sciences, 2012.


Chandrasekhar K. et al. "A prospective, randomized double-blind, placebo-controlled study of safety and efficacy of a high-concentration full-spectrum extract of ashwagandha root in reducing stress and anxiety in adults." Indian Journal of Psychological Medicine, 2012.


Proksch E. et al. "Oral supplementation of specific collagen peptides has beneficial effects on human skin physiology: a double-blind, placebo-controlled study." Skin Pharmacology and Physiology, 2014.


Aggarwal BB. et Harikumar KB. "Potential therapeutic effects of curcumin, the anti-inflammatory agent, against neurodegenerative, cardiovascular, pulmonary, metabolic, autoimmune and neoplastic diseases." International Journal of Biochemistry and Cell Biology, 2009.


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